mercredi 21 janvier 2015

Parlant de vieillir, une vieille bière, ça vous dit?

Avis à tous les zythophiles de ce monde, plus particulièrement à ceux d’entre vous qui sont fervents amateurs de bières vieillies. Cet article, là-là, c’est spécialement pour vous! Vieillir ses bières ça s'en vient tout un passe-temps, mais j'ai remarqué que personne n'est d'accord pour dire quelle est la meilleure façon de préserver le nectar, et laquelle de ces façons favorisera l'évolution positive de ses saveurs. J'ai donc décidé de me sacrifier non seulement pour vous, mesdames et messieurs, mais surtout pour la science!

En effet, j’achèterai bientôt environ une vingtaine de bières d’une marque et sorte en particulier, que je soumettrai tous à différents scénarios afin de déterminer quelle est la meilleure méthode, s’il y en a évidemment une, de conserver ses broues à vieillir. Certaines seront scellées avec de la cire, d’autres avec du tape de plombier, quelques une avec du « caulking, » tiens. On en gardera à température pièce, en cellier, au frigo et même dehors sur mon balcon. 

Bref, ce que vous devez savoir pour le moment c'est que ma patente aura pas mal d'envergure et que le gros du challenge dans tout ça ce n’est pas d’acheter les bières, ni de les préparer, et certainement pas de les boire après les quelques années qu’elles passeront en séquestration absolue. C’est surtout de choisir QUELLE bière qui correspond le mieux au bût du défi, c’est-à-dire, de voir comment une même broue va évoluer sous différentes conditions, voir même sous conditions extrêmes. Pour se faire, il a fallu choisir une bière neutre, sans trop d’houblonnage, préférablement avec des p'tites bestioles qui y nagent toujours tout tranquillement, et qui demeurera sans aucun ombre du doute en production constante et consistante pour les prochaines années à venir.

Vous conviendrez que plusieurs broues ne rencontrent pas ces simples critères. La plupart des bières que nous pensons à conserver tout au frais, dans notre cellier, sont des millésimes ou des cuvées spéciales souvent tous différentes les unes des autres. Or, la stout impériale de St-Ambroise/McAuslan de 2013, par exemple, n’est pas tout à fait la même, fraîche, que celle fabriquée et achetée fraîche en 2014. On part donc avec une compréhension assurée de moins. Le produit avec lequel nous débutons ne sera sans doute pas le même lorsqu’on voudra se procurer le contrôle quelques années plus tard. Il faut éviter ce genre de confusion de saveurs à tout prix, car ça pourrait fausser nos données quand viendra le temps d'acheter d'en acheter une toute fraîche. Pas bon, tout ça.

Photo: Unibroue


À mon avis, et ceci est très personnel à moi-même, Unibroue est la seule « microbrasserie » qui est entièrement consistante dans sa fabrication. Ça doit être parce que les procédés s’avoisinent a ceux des grosses brasseries commerciales (Unibroue appartient à Sleeman/Sapporo, après tout), mais la Fin du Monde que je bois aujourd’hui est la même que j’ai bu il y a cinq ans. Elle n’a pas changé, même pas un poil, et est donc la candidate idéale pour notre projet.

Vous devinerez donc que c’est cette broue de chez Unibroue qui retient mon attention pour cette expérience toute spéciale, et mes p'tits curieux, en voici les principales raisons:


1. La Fin du Monde est disponible à l’année et en distribution large et son coût d’acquisition, plus particulièrement important pour mes propres raisons budgétaires que pour autre chose, est relativement faible. On la trouve réellement partout partout, même dans la plus petite des épiceries, et le roulement est tel qu’il sera relativement facile d’en trouver de la fraîche non seulement pour l’expérience comme telle mais également quand viendra le temps de trouver des contrôles.

2. Parlant de contrôle, La Fin du Monde est toujours pareille. Comme je disais tantôt, celle que je bois en écrivant ces lignes est la même que j’ai bue quand j’ai pris l’une de mes premières brosses, et c’est probablement la même avec laquelle Robert Charlebois se saoulait tous les soirs. En comparaison, certaines de mes autres candidates, telle la Chimay, sont différentes de bouteille en bouteille. Je ne sais pas pour vous, mais pour moi la Chimay ne goute jamais tout à fait la même même chose.

3. Côté constitution, l’houblonnage est plutôt léger donc on est assuré qu’il n’y aura pas vraiment de changement dans ce département. La Fin du Monde met vraiment l’accent sur sa levure et donc son côté épicé et légèrement fruité changera, sans aucun doute pour moi, agréablement au fil du temps. De plus, c’est une bière plutôt simple et bien franche l’où on pourra aisément y détecter toutes les saveurs problématiques, si problème il y a.

4. La Fin du Monde est disponible en deux formats de distribution courante, soit en petite bouteille à couronne, enveloppée d’un petit papier métallique particulièrement gossant, ou en plus gros format avec un bouchon de liège et une cage. Ceci nous permettra de savoir enfin laquelle des deux façons communes de boucher une bouteille est la meilleure. Pour les besoins de l’expérience, le papier métallique sera retiré des bouteilles à plus petit format, parce que ça ne sert à absolument rien à part faire de la merde de plus sur ton comptoir quand tu l’ouvres.

5. Finalement, Unibroue nous répète depuis des années que toutes leurs bières vieillissent de façon exemplaire. On verra ben s’ils ont raison, right?


Tout cela étant dit, j’aimerais bien avoir votre aide et votre feedback, constructif s’iou-plaît, sur mon choix et quelles alternatives vous pourriez avoir à proposer, ainsi que différentes techniques d’altération d’emballage que vous avez pour aider à préserver votre broue à vieillir.

Mon idée est pas mal faite sur ce que je veux faire, but you never know, l’un d’entre vous pourrait me faire reconsidérer. Si ça vous chante, allez donc sur la publication Facebook de cet article pour me dire ce que vous en pensez!


Sur ce, bonne broue!

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