lundi 14 décembre 2015

Pré-bilan annuel: l'explicatif

Dans quelques jours paraîtra sur Ça Brasse mon bilan annuel des meilleures brasseries de l'année 2015. 

Après discussion avec d'autres intervenants de la biérosphère, et à voir leurs réactions face à mes choix, je me suis senti obligé de faire ce billet en guise d'explicatif. Semble-t-il que mes choix ne feront pas l'unanimité et afin d'éviter l'incessant questionnement, et afin de raccourcir le billet ultime, j'ai décidé d'écrire celui-ci afin d'éclaircir le comment du pourquoi et ainsi servir de référence pour tout autre bilan futur de ce genre.

Alors, selon Alexandre Leduc, qu'est-ce que ça prend pour être la meilleure brasserie québécoise?





Être disponible

Premièrement, ça prend de la disponibilité. En bref, la question que je me pose est la suivante: "Si j'ai envie de boire cette bière, de cette brasserie, est-ce que je peux facilement aller la retrouver?" Contrairement à ce que vous avancerez, ce critère ne disqualifie pas les établissements dont leur seul point de vente est l'établissement lui-même. La disponibilité ne prend pas en compte l'accessibilité, mais elle y emprunte certaines facettes. Par exemple, les brasseries lointaines ne sont pas disqualifiées, car il suffît tout simplement de s'y rendre. Celles, par contre, dont il faut soit réserver ses bières à l'avance, soit attendre en ligne plusieurs heures, rentreront difficilement dans le palmarès. Vous direz peut-être que ceci n'est pas juste pour les brasseries de haute voltige, mais, ne craignez pas, ils auront leur heure de gloire eux aussi, dans un billet séparé.


Assurer la qualité de ses produits

Ensuite, la brasserie considérée doit faire preuve de constance. Il n'y a absolument rien de plus insultant que d'acheter une demi-douzaine de bouteilles d'un seul et même brassin et d'avoir une expérience sensorielle complètement différente d'une bouteille à une autre. Des variantes d'un brassin à un autre, on peut comprendre et on doit même s'y attendre vu la nature artisanale de la bière de microbrasserie. Toutefois, on a le droit de s'attendre à une similitude lors de la récidive d'achat. Un manque de constance, c'est un signe de manque de qualité, et une brasserie qui n'assure pas une qualité irréprochable ne peut pas faire partie de mon palmarès.


Avoir un bon rapport qualité/prix 

Finalement, rester abordable est primordial. Ça va de pair avec la disponibilité, et ça emprunte un peu de l'accessibilité aussi. Ceci étant dit, on doit impérativement s'attendre à ce qu'un Stout impérial affiné en barriques de quoi que ce soit ait une certaine prime sur celui qui ne l'est pas. Je refuse par contre d'encourager les brasseries qui gonflent le prix par rapport au "hype," ou par rapport à sa propre notoriété. Si vous voyez où que je veuille en venir: rester humble et sans prétention est un critère important au palmarès.


Mais encore...

Ces trois critères, pourtant si simples, peuvent être pourtant plus difficiles que vous le pensez à respecter pour même les brasseries les plus chevronnées. Être partout, avoir une bonne qualité et rester compétitif sont les plus gros défis pour les petites entreprises d'ici, et d'autant plus pour les brasseries, qui travaillent un produit parfois très volatile.

Ceci étant dit, toutefois, vous avez le droit de ne pas être d'accord avec ces critères, et encore plus avec les choix qui paraîtront à mon palmarès d'ici quelques jours. Il ne faut toutefois pas perdre que, d'abord et avant tout, un bilan c'est extrêmement personnel et quasi impossible de rendre complètement objectif. 

Gardez l'oeil ouvert, mon billet paraîtra sous peu sur Ça Brasse!

mercredi 17 juin 2015

L'étiquetage, l'emballage, et tout le tralala

Une des premières choses que le consommateur va voir, avant même de goûter à un produit, c’est l’emballage. Ceci est vrai dans tous les domaines d’affaires : l’emballage peut être un objet ou la personne derrière le produit, dépendant de ce qu’est ce dernier. Dans le cas d’une police d’assurance, pour parler un peu du travail dans lequel j’œuvre au quotidien et en guise d'exemple concret, l’emballage c’est le service qu’on rend au client au moment où il souscrit sa police et lorsqu’il a une réclamation. Essentiellement, ce qu'on vend c'est de l'air et on ne peut pas vraiment mettre une police d'assurance dans une bonbonne.

Dans le monde brassicole, l’emballage de choix c’est la bouteille et la canette d’aluminium. Tous deux viennent en une multitude de formes, d’épaisseurs, de couleurs et de capacités. Ce qui distingue le plus une bouteille de l’autre, autre sa forme, c’est l’étiquette. En mon humble avis, l’emballage d’une bière ce n’est pas la bouteille ou la canette, c’est le petit bout de papier parfois plastifié qui y est adhéré pour l’identifier.

L’étiquette, ou l’emballage est d’une importance cruciale afin de promouvoir l’image de marque d’une brasserie et même de toute compagnie qui se respecte. Je trouve que plusieurs de nos microbrasseries ont une difficulté incroyable à se faire une image et à s’exposer sur une tablette parmi des centaines d’autres offrandes. C’est fâchant, car le produit dans la bouteille a beau être exceptionnel, si l'étiquette n'est pas belle à regarder et qu'aucune réputation ne te précède les gens n'achèteront probablement pas tes produits.

Selon moi, seulement une poignée de microbrasseries au Québec ont su allier parfaitement et à répétition nectar divin et étiquettes fantastiques. Brassin après brassin, création après création : toutes les bières de ces micro (à l’exception près, quand même) sont délectables, autant des œuvres d’art que l’emballage qui les renferme.





Sur le dessus de cette poignée, c’est le Trou du Diable, à Shawinigan.

Le succès fulgurant de cette microbrasserie, bien que d’une grosse part grâce aux heureux brasseurs qui y concoctent un nectar de classe mondiale, est en partie attribuable aux pinceaux, crayons et canevas de Fred Jourdain.

Celui-ci est connu principalement pour ses œuvres exposées et ses affiches vendues au quatre coins de la province. Plus notamment (pour moi, en tout cas), on le reconnait dans Le Dragon Bleu, une collaboration réalisée avec le cinéaste et dramaturge Robert Lepage. Vu son immense talent, Fred est nominé et récipiendaire d’une panoplie de prix et de lauréats. Il est reconnu par un style plutôt noir, fantastique, mais parfois même contemporain, vif de saturation des couleurs, de jeux de lumière. C’est toujours beau et agréable à regarder.

Dans le monde de la bière, toutefois, nous le connaissons d’abord et avant tout pour son rôle dans les magnifiques emballages du Trou du Diable. Oui oui, Fred est l’artiste derrière la plupart des éditions spéciales ou saisonnières de TDD. Son style varié et adaptable fait de lui l’illustrateur parfait pour ce genre de choses. La bière est aussi variée et élaborée en style que l’art qu’il crée. 



Un petit peu à côté et toujours dans le même poigné, il y a Les Trois Mousquetaires, à Brossard.

Inversement, LTM trouve son comble dans le simplisme. Ça ne veut toutefois pas dire que ce n’est pas aussi beau que les étiquettes du Trou du Diable. La simplicité est pour moi tout aussi belle que l’extravagance de l’illustration, et une récente refonte majeure de l’image de cette petite brasserie de Brossard lui a donné beaucoup de crédibilité sur le marché actuel. On a la sensation de boire du haut de gamme avant même d’avoir débouché.

Forcément, il ne semble pas y avoir autant d’effort dans la création des étiquettes chez LTM que chez TDD. C’est probablement un « template » dans lequel on remplit des champs et qu’on peut choisir des couleurs. Peu importe, vraiment, car c’est beau, c’est efficace et ça regorge d’informations à l’endos.

Effectivement, j’adore leurs étiquettes non seulement pour leur simplicité et leur luxure, mais aussi pour les arômes, les accords mets-bière, les ingrédients, les suggestions de verres et de températures de service qui sont inscrites derrière la bouteille. C’est ultra-pertinent même pour les dégustateurs avancés et le néophyte se voit pris par la main. C’est polyvalent, ça répond au besoin de tout un chacun. C’est parfait, quoi.



Avec ces deux exemples, vous voyez alors l’importance de l’image de marque et en quoi la beauté de l’étiquetage est souvent proportionnelle à la qualité perçue du produit se trouvant derrière et aussi au succès d’une entreprise. On comprend également que l’image réussie peut être obtenue tant avec une illustration farfelue, variante vastement en parallèle avec le produit lui-même, qu’avec un design simpliste, uniforme et constant. 

Évidemment les deux brasseries nommées ne sont que deux dans une vaste marre de brasseries québécoises qui ont de beaux emballages. J’ai choisi ces deux micros car elles m’interpellent personnellement. Je les reconnais facilement sur les étalages, je sais à quoi m’attendre. J’adore leurs étiquettes et conséquemment j’adore leurs produits. Selon l’AMA, ou l’American Marketing Association (avouons qu’ils l’ont l’affaire en marketing, les Américains), avoir un style qui se reconnaît, interpeller le client émotionnellement et informer celui-ci de façon adéquate sont les bases fondamentales d’une image de marque réussie.

Maintenant, l’habit fait-il le moine ? Est-ce seulement les apparences qui comptent ? Pas du tout, mais c’est tout comme l’attirance physique entre nous, humains : ton look fait porte d’entrée à ceux qui pourraient t’apprécier. 

Inversement, on pourrait nommer des brasseries qui ont de belles étiquettes, mais des produits terribles. Ça existe ça aussi, mais disons que, d’être bien habillé, d’être beau, ça aide pas mal à te faire reconnaître. 

lundi 15 juin 2015

Mondial 2015: mon top 5 des bières estivales

C’est fou ce qu’on fait par amour… On devient parfois une autre personne afin d’impressionner la personne qu’on aime. Il faut aussi dire qu’avec un mari qui aime autant la bière, je n’avais pas vraiment le choix de les aimer aussi. Notre vie tourne pratiquement autour de ce magnifique nectar. Toutes nos vacances sont planifiées en fonction d’où sont situées les microbrasseries et parfois de nombreux détours sont faits simplement pour visiter une brasserie en particulier. Plusieurs femmes seraient quelque peu ou même énormément déroutées par cela, par contre,  je ne peux pas être plus heureuse… Petit secret entre vous et moi, j’adore les bières de microbrasseries autant que lui.

Je suis d'abord et avant tout une amatrice de Stout, Porter et Scotch Ale; des grosses bières pesantes. En fait, j’aime des styles complètement différents de mon conjoint qui adore les IPA, les Hefeweizen, les bières surettes. Donc aucune chicane dans le frigo à bière à savoir qui a bu la bière de qui.  

Malgré tout, qui n’aime pas découvrir des saveurs et des arômes différents. Dans le milieu brassicole, les flaveurs semblent infinies et quoi de mieux que le Mondial de la bière pour découvrir qu’on n’a pas encore tout goûté.

Au Mondial, j’aime sortir de ma zone de confort. Je parcours les kiosques et essaie des trucs qu’autrement ne toucheraient pas mes lèvres. J’ai donc suivi une quête pour trouver les 5 meilleures bières pour l’été 2015.



Voici donc le top 5 de mes dégustations, en ordre comme dans le désordre, et donc sans ordre particulier (pas de chicane !).

1- La Litchi-Tchin de Noire & Blanche (4,7%)
Bière de blé au thé blanc, litchi et gingembre

Je dois vous avouer que Noire & Blanche est une de mes microbrasseries préférées. Tout comme le vin ou la nourriture, la bière me rappelle des souvenirs lorsque je la bois. Celle-ci me rappelle mon mariage… Le bar en bois, le mur de pierre, l’immense terrasse et leur menu à couper le souffle. Cette bière, légèrement acidulée et hyper aromatique grâce au thé blanc et au gingembre, et toutes les autres sur leurs ardoises valent le détour jusqu’à St-Eustache. En plus de tout cela, il y a des stationnements municipaux  tout autour, donc contrairement à Montréal, pas besoin de chercher une place pour garer l'auto pendant 30 minutes.



2- La SMASH du HELM (4%)
Pale Ale au houblon Amarillo, poussée à l’azote

Une Smash, c’est une bière faite avec un seul type de malt et une seule sorte de houblon. Celle-ci, au houblon floral Amarillo, dispose d'une légère amertume enrobée de pamplemousses et d’oranges. Elle sera sans doute parfaite sur les patios et les balcons des buveurs de bières, surtout lorsque l’humidex atteindra son maximum cet été.  Seul petit bémol, le HELM n’embouteille pas cette bière, donc vous devrez vous déplacer jusqu’à eux sur la rue Bernard pour la déguster. Si pour plusieurs raisons vous êtes dans l’impossibilité de vous déplacer, ce qui serait réellement décevant, la Bernard du HELM est vendue dans la plupart des détaillants de bières de microbrasseries.


3- La Short-Shorts de Benelux sur Wellington (4%)
Sour Session IPA

La Short-Shorts de cette microbrasserie est très représentative de ce qu’est une Session IPA. Elle a tout pour elle : un faible taux d’alcool, une légère amertume, des flaveurs d’agrumes et une pointe d’acidité qui est parfaite pour une chaude journée sur une terrasse ou autour de la piscine. Malheureusement le Benelux n’embouteille pas leur nectar donc vous ne pourrez pas la consommer à la maison. Par contre, ils sont maintenant rendus avec deux emplacements : soit rue Sherbrooke à Montréal et rue Wellington à Verdun. Le broue-pub de Verdun était le premier bar à ouvrir dans ce secteur depuis de nombreuses décennies, donc une autre bonne raison pour se déplacer.


4- La Buffalo Bill du Saint-Bock (5%)
Witbier à l’herbe de bison

Le Saint-Bock est reconnu pour sa Bible de bière et je dois avouer que pendant plusieurs années je me suis déplacée à cet endroit que pour cela. Mon conjoint m’a fait découvrir leurs bières maison et depuis, je ne vois plus cette microbrasserie du même œil. Ils sont très créatifs dans leurs offrandes et la Buffalo Bill en est une preuve. Une Witbier à l’herbe de bison, elle à une odeur de champ de blé vert. Une fois en bouche, elle est douce et sans presque aucune amertume. Parfaite pour la dégustation sur leur terrasse de Saint-Denis.


5- La Simonne de La Fabrique (5%)  
Blanche en fût de cabernet-sauvignon avec camerises

Que dire de plus sur la Simonne de La Fabrique, à part le fait qu’elle ai gagnée la médaille d’or au Prix du publique pour le Mondial 2015. Cette bière brassée spécialement pour cet événement valait à elle seule le détour. Elle était selon moi, la meilleure bière que j’ai goûtée depuis longtemps, d’un parfait ballant entre l’acidité des camerises, l’amertume, le sucré, le boisé et le côté vineux de la barrique de vin. Pour tous ceux qui n’ont pas eux la chance d’y goûter, je vous invite à prendre votre voiture, faire le plein d’essence et de vous diriger vers Matane, une petite ville de la Gaspésie avec environ 15 000 habitants plus chaleureux les uns que les autres.  L’ardoise de la Fabrique en a pour tous les goûts et vous trouverez certainement quelque chose qui vous plaira, tant en bière qu’en bouffe.


Et tant qu’à être rendu en Gaspésie, profitez donc de ce voyage pour faire le tour de la péninsule Gaspésienne. En chemin, vous pourrez également déguster les bières de La Captive, Le Naufrageur, Pit Caribou et Le MalbordVous pourrez même manger des fruits de mer des plus frais. 

Est-ce qu’il y aurait de meilleures vacances d’été ? Je ne crois pas, parole d’une Gaspésienne.

-Alexe

jeudi 2 avril 2015

Critique: Session IPA, des Brasseurs du Monde/Balthazar

On ne peut pas nier que la bière c'est d'abord et avant tout une expérience sensorielle. Le parfum envoutant du houblon, fruité, épicé, herbacé ou résineux, ou encore tout ça en même temps. La caresse maltée allant du biscuit soda jusqu'au caramel foncé, en passant par le pain grillé et le café torréfié. Le pétillement en bouche, le corps onctueux, la fine dentelle qui colle aux parois du vaisseau spécifiquement choisi pour le style. C'est un spectacle pour les yeux, le nez, la bouche. Une danse enivrante, qui finit toujours de la même façon: l'ébriété.

Effectivement, toute bonne chose - y compris la bière - a ses défauts. L'alcool est une substance qui annonce une malédiction bien connue: le lendemain de veille. 

Pour remédier à ce fâcheux inconvénient, nos conquérants - les Britanniques - ont popularisé un style portant le nom "session beer" ou la bière de session, en français siouplâ, soit des bières à faibles pourcentages alcooliques. Verra donc le jour chez nos amis du Sud une bière avec la puissance aromatique d'une Heady Topper et la teneur en alcool d'une Coors Light: la Session IPA.

À ce jour plusieurs offrandes de nos micros locales ont vu le dessus d'une tablette. Il y eu des succès notoires ainsi que des moins bonnes interprétations, mais bref l'accord est unanime qu'une bière plein-goût qui ne déchire pas trop la face c'est une excellente chose.

Ceci étant dit, les Brasseurs du Monde nous livrent une collaboration avec la chaîne de bars à bière Balthazar. Un vrai cocktail de houblons, celle-ci en contient sept variétés et peut-être même un peu plus, vu que le Falconer's Flight et le Zythos sont des assemblages de différentes variétés et que le Sorachi Ace est un hybride de plusieurs spécimens.

Alors, s'tu bon? Vous verrez bien!



À l'oeil: Elle se fait blonde, dorée et quelque peu trouble. Des particules en suspension trahissent le houblonnage à cru qu'a sans doute subi cette Session IPA. Le tout est surmonté d'un col blanc comme neige et bien mousseux, laissant derrière une fine dentelle. Belle broue.

Au nez: On y pige des effluves d'agrumes de toutes sortes ainsi que de fruits tropicaux. C'est légèrement résineux, mais sans plus. Le malt quant à lui se fait timide à l'olfactif avec seulement quelques bouffées de céréales sèches répertoriées. Le tout me semble assez bien dosé et ça demeure assez typique pour le style.

En bouche: C'est d'un parfait équilibre pour moi. Les saveurs jouent comme de la musique sur les papilles, oscillant entre des tons d'agrumes frais, de melons et de lychees, pour ensuite bifurquer vers des notes herbacées et terreuses. On y perçoit aisément une facette céréalière, un biscuit soda ou un craquelin mince, dont la longueur en bouche est subitement tranchée par une finale résineuse et agréablement amère.




Donc. Le verdict?

Bien que ça ne soit aucunement une mauvaise chose, le houblon Citra se fait plus que présent dans celle-ci et je questionne sérieusement la nécessité des autres spécimens d'houblons utilisés, surtout en temps de pénurie. 

Ceci étant dit, cette IPA à basse teneur en alcool répond à toutes mes attentes et surpasse même ce dont je m'attendais à recevoir de cette brasserie citée plutôt discrètement dans mon entourage de beer geeks. Je me dois de découvrir davantage cette brasserie et peut-être même aller à St-Hyacinthe déguster l'une des Réserves du Picoleur.

Une heureuse découverte, la Session IPA des Brasseurs du Monde deviendrait sans doute une de mes régulières si ce n'était pas du fait qu'elle n'est qu'une édition spéciale, fabriquée en collaboration avec le Balthazar. Zut alors.


Ma note? B+. Superbe produit.

jeudi 19 mars 2015

P'tite vite: Oud Bruin, des Trois Mousquetaires

En format p'tite vite ce soir pas parce que ce n'est pas bon mais parce que c'est - à ma connaissance, tout de moins - la première vieille brune d'un microbrasseur québécois. Bah, j'suis menteur. Je sais très bien que Pit Caribou avait fait une brune surette, puis d'autres ont probablement tentées leur coup, mais à ma connaissance ce n'était jamais vieilli en barriques de chêne. Corrigez-moi si je me trompe, ça m'arrive souvent de dire n'importe quoi.

Bien que les brasseux chez LTM sont sans conteste maîtres de leur art, difficiles pour moi de critiquer l'embryon de ce que j'estime sera un mouvement brassicole sans pareil. En fait, la vraie raison pour laquelle je ne critiquerai pas proprement la Oud Bruin c'est parce que ce style est encore totalement extraterrestre pour moi. Ce qui est considéré bon ou non sur ce style, je n'en ai pas la moindre idée. La seule autre vieille brune que j'ai bu c'était à Green Bench Brewing, à St-Petersburg (en Floride).

Mais enfin bref, ne vous inquiétez pas... J'ai dévalisé l'étalage de mon détaillant favori. J'en ai une couple d'autres que je pourrai déguster à une date future pour y apposer mon score.

Fa' que, on l'ouvre tu s'te bière?



En poppant le cork, des effluves de vinaigre balsamique nous attaquent immédiatement l'olfactif. Ça devient vite une arrière-pensée, parce que s'te bouteille là se met à gusher partout! On jongle un peu avec le contenant pour ne pas en mettre partout et avoir la blonde en Saint-Sivouplaît: c’est encore bien vivant là-dedans. Ah, Brett, comme t'es beau pis t'es fin.

Ça se verse un brun foncé trouble. La lumière y pénètre, mais à peine. La tête - au début bien excitée d'être de la soirée - finit par s'assoupir, créant une belle dentelle dans le verre et se résorbant en une fine couche de mousse beige.

On se rapproche le pif et c'est tout à fait sublime. Ce qui est au tout début une cacophonie de flaveurs inidentifiables se calme tranquillement et on peut facilement y déceler en plus des notes décidément acétiques, un côté d'esters fruités, le bois de la barrique de chêne, ainsi que de toffee. Le tout rentre en ordre, successivement, et aucune caractéristique n’entrave l'autre. En arrière-plan, j'y perçois une facette légèrement sulfurique... Mais après consultation, c'est peut-être juste moi.

Une fois en bouche, ça devient orgasmique. L'olfactif se reproduit presque parfaitement. Une acidité quasi divine enveloppe un côté à la fois torréfié, boisé et légèrement fruité. On y ressent une qualité vineuse: pour vrai, c'est comme boire un bon vin blanc ayant passé un p'tit séjour en amoureux avec du chêne. Pour complimenter ce côté vinifié, une finale tannique boucle le tout en beauté. Pas trop agressant, juste parfait. C'est smooth, ça coule bien. Wow.

J'adore ça, et j'suis content d'avoir le garde-robe bien rempli. Avec un potentiel de vieillissement d'au moins 5 ans, je suis certain d'avoir des dégustations assez exceptionnelles à venir.


J'ai dit je n'allais pas en faire une critique... Mais j'ne peux pas me retenir. A+++. Chapeau. Foulard. Manteau.




jeudi 19 février 2015

Que couve la Cuvée 2015?

Pour une troisième année consécutive, on nous propose la Cuvée d'hiver. Prenant place encore une fois dans un ravissant sous-sol d'église, on tient à nous rappeler les soupers spaghetti et les bazars remplis de cochonneries. Sans farce, c'est l'événement brassicole par excellence de toute l'hiver. 

Vous comprendrez que je me un peu gratté la tête quand on m'a offert une passe média pour y assister, car je savais bien que par courtoisie j'allais être obligé d'en parler un peu sur ze' blogue. Je me suis résigné à faire le classique petit post résumant mes attentes particulières pour les soirées du 26, 27 et 28 février. 

Fa' que, qu'est-ce qui retiens mon attention à La Cuvée cette année? Lis donc pour voir.

Photo: La Cuvée


Premièrement, tous les whiskys, bourbon, scotchs. You name it, they got it. En prime, la majestueuse barbe de J-F Pilon de WhiskyPlus, qui y sera pour vous faire déguster entre autres le Glenfarclas 25, dont il en a si soigneusement fait la revue ici même. L'occasion rêvée pour vous de faire de nouvelles découvertes et, qui sait, repartir avec une belle bouteille toute neuve.

Pour ceux comme moi qui y vont presque strictement pour la broue, oh boy qu'on nous réserve tout un joyeux festin! Plus particulièrement sur mon radar, la Brett de Hull des Brasseurs du Temps. Selon le brasseur, ça s'avère tout un délice. Sinon, Les Trois Mousquetaires nous y attendent avec leur Oud Bruin - wait for it - en cask avec de la brett et des griottes. Oui, mesdames et messieurs. De la brett... Et des griottes. On s'attend à un nectar des plus savoureux. Enfin, pour terminer avec les broues, le Bistro-Brasserie Les Soeurs Grises a promis une grande primeur, la Yéti, une Imperial India Black Lager à 8.1%. Ça en fait des mots dans bouche, espérons que ça sera un régal.

Côté bouffe, si vous ne vous êtes pas bourré la face Chez Claudette avant, il y en aura pour tous les goûts. Des sandwichs au pulled pork, des patates au four garnies à la poutine, des charcuteries, des grilled cheese. Bref, de la vraie bouffe de beer-geek, et de la bonne musique pour aller avec ça, pis oubliez pas la Journée Pêché du Dieu du ciel! le 28.

Alors, on s'y voit? Ne manquez pas ça!

jeudi 12 février 2015

Critique: La 25 ans, du Bilboquet Microbrasserie

Cette année, le Bilboquet, comptant toutes ses formes possibles et imaginables, a 25 ans. C'est drôle parce que cette année, j'aurai un quart de siècle moi aussi. Bien que ça ne fait pas aussi longtemps que je bois de la bière, je me rappellerai toujours qu'une de mes premières micros ça en était une du Bilboquet.

En effet, l'une de mes premières danses avec le vice dans lequel je vis c'était avec une MacKroken Flower. Pas les éditions spéciales, là (j'étais bien trop cheap à l'époque pour mettre presque 20$ sur une seule bière!). Juste la régulière, en vente un peu partout. Dans ce temps-là, c'était un clusterfuck de saveurs dans ma bouche. Du miel, du caramel, des fruits confits et en finale un pain bien grillé. Dans ce temps-là, je ne la comprenais pas. Aujourd'hui, d'autant plus la version vieillie en fût de bourbon, elle m'émerveille.

Ça va donc sans dire que toutes les fois que le Bilboquet livre un brassin spécial, je me lance dessus. Ça s'annonce presque tout le temps comme étant un régal. J'vous avoue que cette fois-ci j'ai presque manqué le bateau. Heureusement, mon épouse adorée en venue à la rescousse et m'a offert un p'tit cadeau de la St-Valentin en avance!

Donc, pour son 25e anniversaire cette brasserie pionnière nous offre un vin d'orge d'inspiration américain. Puisque ça fait déjà plus d'une semaine qu'elle est sur les tablettes et que mes confrères me précèdent dans leurs appréciations, je dois avouer que je sais un tout petit peu à quoi m'attendre. Si vous me lisez, par contre, c'est probablement parce que vous, vous là, vous ne le savez pas puis vous voulez savoir si ça vaut la peine d'être acheté.

"Faque, Alex," j'vous entend dire, "s'tu assez bon dans yeule?" Continuez un peu plus bas pour savoir!

J'ai essayé d'enlever le sticker, mais j'ai abandonné.



À l'oeil: Parfaitement limpide, cette bière entre carmin et pourpre monte en une mousse riche et onctueuse, voir même meringue. Le monstre s'assoupit rapidement, s'endormant en un mince col bien beigeâtre et plus tard en un fin filme de bubulles. J'aime ça!

Au nez: Houblons tropicaux et pelures de toutes sortes d'agrumes sont en avant plan. Je vous avoue être un peu confus, car je m'attendais surtout à beaucoup de bonbon. Quoi qu'en réchauffant, les fines effluves éthyliques qui s'échappent de mon verre révèlent un bouquet de sucres résiduels, tournant le tout au sucre d'orge. Ça continue de plaire.

En bouche: OK, ça ne tarde pas à exploser en salade de fruits s'te p'tit jus là! Ça se fait un party hawaiien sur ma langue: ananas, papaye, un peu de pêche. Pas de gêne pantoute. J'ai peut-être mal lu? Ce n’est pas une IPA impériale ça? Ben non, c'est un vin d'orge extrêmement bien houblonné. Un côté malté, bien dosé et pas trop sucré fait acte de présence en fin de bouche, avant qu'une amertume poignante envahisse le palais et saccage tout le travail si ardemment préparé. Malgré ça, mesdames et messieurs, c'est de la très bonne broue.

Krakatoa?


Le verdict? Garrochez-vous là-dessus, les amis! Immédiatement! Vite avant qu'il n'en reste plus.

Bien que je questionne vivement le descriptif de style qui lui est donné, v'là une broue qui vaut tout le détour. Je crois qu'il serait intéressant de voir comment celle-ci évoluera avec les années. Lorsque l'amertume se sera atténuée et laissera toute la place aux bonbons que je sais sont cachés derrière cette forêt d’houblons, ça risque d'être encore plustre un nectar d'exception.


Ma note? Parfaite. A+.


Producteur: Bilboquet Microbrasserie
Produit dégusté: 25e
Acheté chez: ?? (un dépanneur chinois?)

Style: Barleywine Américain
Alcool: 9%
IBU: ??

Verre utilisé: Verre du Siboire (aucune idée du style!)
Température de dégustation: 10-18˚C